Nollywood Babylon

L’industrie cinématographique du Nigeria, Nollywood, est la troisième en importance au monde et cette implacable force économique et culturelle qui a balayé le continent telle une tempête déborde à présent les frontières de l’Afrique. 

Le cinéma de Nollywood est né dans les marchés des rues de Lagos, principale métropole du Nigeria. Imperturbables devant les maigres recettes et les budgets plus que modestes, les cinéastes entrepreneurs ont créé un cinéma audacieux, inventif et follement populaire qui a fait de Nollywood l’obsession des Nigérians. Dans ces films, le vaudou et la magie s’amalgament aux récits urbains, illustrant la friction cinétique du mysticisme traditionnel et de la culture moderne dont les Nigérians sont quotidiennement témoins.

Le long métrage documentaire Nollywood Babylon relate l’histoire du succès phénoménal de l’industrie cinématographique du Nigeria. Porté par une piste sonore tonitruante de musique africaine underground des années 1970, le film plonge le spectateur au beau milieu du chaos du marché Idumota. Ici, parmi les éventaires bruyants, des films sont vendus et d’improbables vedettes voient le jour, comme Aki et Pawpaw, un duo de comédiens des plus célèbres au Nigeria, rois des rues dont la petite taille est inversement proportionnelle aux gigantesques cotes d’écoute qu’ils obtiennent. Et que dire d’Helen Ukpabio, ancienne membre du culte qui compte aujourd’hui parmi les producteurs les plus réputés du Nigeria et dont les films « d’horreur vaudou » ont attiré une multitude de convertis dans son influente secte chrétienne! Au cœur du film, le cinéaste le plus populaire de Nollywood, Lancelot Oduwa Imasuen, alias « The Guv’nor ». Lancelot, qui à 36 ans a déjà réalisé plus de 150 films, est le maître de la production inspirée tournée à une vitesse folle et imprégnée du flair de la création. Déterminé à « faire de l’argent et à exposer ses positions », il innove véritablement et incarne l’âme du cinéma de Nollywood.

Ben Addelman et Samir Mallal, les cinéastes auxquels on doit Discordia (2004) et Bombay Calling (2006), présentent Nollywood Babylon, une vision électrisante d’une métropole africaine moderne, et portent un regard éloquent sur la formidable puissance qu’est le cinéma nigérian.

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Film Credits

director
Ben Addelman
Samir Mallal
producer
Ben Addelman
Samir Mallal
Adam Symansky

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