La réalisatrice et militante Min Sook Lee pose un regard critique sur son père, un ancien agent des services secrets sud-coréens, et interroge le silence entourant le suicide de sa mère.
Avertissement : Ce film aborde le thème du suicide et ses effets sur les proches des personnes disparues. Si vous avez besoin de soutien, veuillez communiquer avec votre centre de crise local. Si vous avez besoin d’une aide immédiate, composez le 9-8-8 ou envoyez un texto à ce numéro.
Dans ce documentaire incontournable et intimiste, la cinéaste primée Min Sook Lee tourne sa caméra vers elle-même, en quête de souvenirs de sa mère, Song Ji Lee, qui s’est enlevé la vie alors qu’elle n’avait que 12 ans. Cette démarche la ramène vers son père, aujourd’hui âgé de 90 ans, dernier lien direct la rattachant à sa mère. En revisitant les lieux et les gens qui ont marqué son enfance à Toronto, au Canada, et à Hwasun, en Corée du Sud, la réalisatrice reconstitue l’histoire d’une famille dont la trame est tissée de silences, de déplacements et de souvenirs qui ne forment pas une vérité unique. Sans mots nous plonge d’emblée dans une atmosphère hostile et hypothétique. La réalisatrice sait que le traumatisme fracture la mémoire et que des événements parallèles peuvent parfois s’imbriquer dans le récit familial. Recourant à des histoires tantôt réelles, tantôt imaginaires, Min Sook Lee confronte les souvenirs à ce qui a été oublié et à ce qui demeure impossible à dire.
Le film a obtenu une mention honorable dans la catégorie du meilleur long métrage canadien au Festival international du film de Toronto.
Sans mots, Min Sook Lee, provided by the National Film Board of Canada