François Dompierre, Prix Hommage 2016 du Gala du cinéma québécois

François Dompierre, Prix Hommage 2016 du Gala du cinéma québécois

Ce dimanche, le Gala du cinéma québécois remettra son Prix Hommage au musicien, compositeur et chef d’orchestre François Dompierre. Une reconnaissance amplement méritée pour un homme dont la musique aura marqué le paysage culturel québécois, l’imaginaire du grand public et inspirée nombre de compositeurs et musiciens de l’industrie.

Depuis sa sortie du Conservatoire de musique de Montréal en 1963, la musique de François Dompierre se fait entendre au cinéma, à la télévision, à la radio et dans les salles de concert. Sa production est colossale, diversifiée, populaire, au sens noble du terme. Des chansons, des compositions pour le répertoire classique, des jingles publicitaires et surtout des musiques de films constituent son œuvre.

En 1965, il écrit la musique du premier long métrage de fiction de Jean-Claude Lord, Délivrez-nous du mal, sorti en 1969. En 1970, il compose celle des chansons de la comédie musicale de Michel Tremblay, Demain matin Montréal m’attend, qui sera reprise en 1995. Par la suite, il travaille surtout à l’ONF, où il compose la trame sonore de plusieurs longs métrages de fiction, dont IXE-13 (1971) de Jacques Godbout, où la musique joue un rôle primordial puisqu’il s’agit d’une comédie musicale, le premier film du genre au Québec. Sa collaboration avec Godbout, entamée avec YUL 871 (1966), se poursuivra avec un autre long métrage de fiction, La gammick (1974) et plusieurs documentaires, dont l’excellent Deux épisodes dans la vie d’Hubert Aquin (1979). Il travaille également avec le cinéaste et ingénieur du son Marcel Carrière pour les comédies Ok… Laliberté (1973) et Ti-Mine, Bernie pis la gang (1976). Puis il signe la musique du film Partis pour la gloire (1975), une fiction sur la conscription au Québec pendant la Deuxième Guerre mondiale réalisée par le cinéaste Clément Perron, scénariste de Mon oncle Antoine (1971).

Dans les années 1980, François Dompierre est révélé au grand public. Il est l’auteur de la musique de plusieurs films à succès qui marqueront le cinéma québécois, un cinéma qui, de plus en plus, trouve son public en salle. Mentionnons Bonheur d’occasion (1983) de Claude Fournier, adapté du roman du même nom de Gabrielle Roy, Mario (1984) de Jean Beaudin, pour lequel le compositeur reçoit le Génie (prix Écrans canadiens) de la meilleure musique de film, Le matou (1985) également de Beaudin et pour lequel il se voit décerner le même honneur, et Le déclin de l’empire américain (1986) de Denys Arcand, immense succès populaire et critique. La collaboration avec Arcand se poursuivra d’ailleurs avec les films Jésus de Montréal (1989) et Stardom (2000).

Dans les années 1990, il travaille sur des séries télé dont Cher Olivier (1997), pour laquelle il reçoit le prix Gémeaux de la meilleure musique. Il écrit également deux chansons thèmes de films, « L’homme idéal » (1996), interprétée par Marie Carmen sur des paroles de Luc Plamondon dans le film du même nom, et « Laura la belle », interprétée par Ginette Reno sur des paroles de Michel Tremblay pour le film C’t’à ton tour Laura Cadieux (1998), prix Génie pour la meilleure chanson d’un long métrage. Dans les années 2000, il se consacre surtout à son œuvre de concert. Il compose tout de même la musique des films L’Odyssée d’Alice Tremblay (2002) et La passion d’Augustine (2015), son tout dernier opus.

Lauréat du grand prix de la Société canadienne des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique (SOCAN) en 2008, Chevalier de l’Ordre national du Québec en 2013, Membre de l'Ordre du Canada l’année suivante, récipiendaire de plusieurs prix Félix et Génie, François Dompierre a signé la musique de plus d’une soixantaine de longs métrages de fiction, de documentaires et de séries télé. La sélection offerte témoigne de son passage à l’ONF.

Marc St-Pierre

Marc St-Pierre has a background in cinema, theatre and philosophy. He has been a collection curator at the National Film Board since 2004.

  • IXE-13
    1971|1 h 54 min

    Comédie musicale mettant en vedette les quatre membres du collectif humoristique, Les Cyniques. André Dubois tient le rôle titre de IXE-13, « l'as des espions canadiens ». Il est entouré de Marc Laurendeau, Serge Grenier et Marcel Saint-Germain. Un film tout en musique, une joyeuse parodie des aventures du personnage légendaire issu d'un populaire roman-feuilleton des années 1950 signé Pierre Saurel.

  • Deux épisodes dans la vie d'Hubert Aquin
    1979|56 min

    Documentaire sur la vie d’Hubert Aquin. Vivant, il était un personnage éblouissant et hors de l'ordinaire. Mort, il est déjà légendaire. De sa légende, tout est à la fois vrai et faux. Ni biographie, ni œuvre critique, ce film est une évocation de son univers.

  • Ti-Mine, Bernie pis la gang...
    1976|2 h 4 min

    Long métrage de fiction qui nous raconte, en les épiçant de sel et de poivre, quelques épisodes de la vie sociale et familiale de deux frères, l'un marié et l'autre venant à peine de sortir des rangs d'une congrégation religieuse. Cette comédie dramatique constitue à la fois un amusement continu et un éloquent tableau de mœurs.

  • O.K. ... Laliberté
    1973|1 h 52 min

    Long métrage de fiction mettant en vedette Jacques Godin et Luce Guilbeault. Sans emploi ni argent, un homme de 40 ans se retrouve seul à la suite d'une querelle de ménage. Mais aussitôt l'aventure s'amène sous les traits d'une fille qui se jette à son cou et le rend follement amoureux. De belles scènes d'amour et de tendresse sous-tendent les séquences de cette chronique de la vie quotidienne à Montréal.

  • Partis pour la gloire
    1975|1 h 42 min

    Tourné en 1975 dans la splendide région de Saint-Victor et de Saint-Martin, en Beauce, ce long métrage de fiction fait revivre avec humour, sensibilité et nostalgie une époque qui a beaucoup marqué le Québec moderne. Cette résistance à la conscription et aux mandements de toutes sortes, ressentis comme une injustice, n'est-elle pas la source de cette liberté nouvelle que le Québécois? Ce « passé immédiat », que le cinéaste Clément Perron fouille ici comme un archéologue amoureux de ses racines, ne recèle-t-il pas toutes les données du problème national québécois?

  • La gammick
    1974|1 h 26 min

    Long métrage de fiction qui se passe dans les milieux de la pègre montréalaise et de la mafia américaine. Inspiré d'un fait divers remontant aux années 1950, le film raconte l'histoire de François (Chico) Tremblay, Québécois moyen ayant appartenu à la pègre locale et qui se retrouve confronté à la toute-puissante mafia américaine. Plus qu'un thriller, le film revêt une signification sociale et idéologique qui rend possible une lecture à plusieurs niveaux et permet l'analyse sociopolitique d'un phénomène urbain : le gangstérisme québécois.

  • YUL 871
    1966|1 h 10 min

    Long métrage de fiction racontant le périple d’un ingénieur européen de passage à Montréal, qui doit attendre 2 jours un rendez-vous d'affaires. Pour tuer le temps, il se promène dans les rues, et se met à la recherche de ses parents, dont la guerre l'a séparé dès l'âge de 4 ans. L'aventure s'amène sous les traits d'une fillette de 11 ans et d'une jeune beauté. Rencontres qui le marquent et l'obligent à se définir.

  • Le sort de l'Amérique
    1996|1 h 21 min

    Après la bataille des plaines d'Abraham, le 13 septembre 1759, le monde ne sera plus jamais le même. Tout pays est fondé sur un mythe, le Canada est né de cette guerre entre la France et l'Angleterre où les deux généraux qui s'affrontaient, le marquis de Montcalm et James Wolfe, sont morts de leurs blessures.