Identités et territoires

Nicolas Renaud

La conquête de l'Amérique II

Ce documentaire suit un groupe d'Amérindiens dans la reconquête juridique de leurs rivières à saumon face aux clubs privés et pourvoiries. Nous les suivons, de portage en portage, sur la magnifique rivière Natashquan, jusqu'à un endroit sacré au pied d'une chute, où il reconstituent des moments importants de la vie d'antan à l'intérieur des terres.

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Les deux films formant La conquête de l’Amérique, tout comme la plus grande partie de l’œuvre de Lamothe, ont été très peu diffusés. Depuis les années 1960, le cinéaste entretient une relation d’amitié avec le peuple innu (appelé jusqu’à récemment « Montagnais »). Près d’une trentaine de ses films sont consacrés à la transmission de leur parole, à la représentation de leur culture et à la défense de leurs droits, constituant ainsi le plus important corpus documentaire sur un peuple amérindien. Dans La conquête de l’Amérique II, les légendes traditionnelles contées par un aîné de la communauté se mélangent aux difficiles démarches politiques des Innus pour retrouver leurs droits de libre accès sur la rivière Natashquan. Dans la dernière partie du film, hommes, femmes et enfants vont établir un camp au pied d’une chute. Privés de l’accès à la rivière par le bail octroyé à une pourvoirie et peu à peu contraints de renoncer à leurs déplacements saisonniers à l’intérieur des terres, ils n’allaient plus depuis de nombreuses années à ce lieu sacré, où leurs ancêtres pêchaient le saumon. Au-delà du discours politique, Lamothe matérialise alors de façon sensible les concepts de droits, d’identité, de tradition et d’appartenance au territoire. C’est en voyant les Innus emprunter les anciens portages, installer leur camp, pêcher et préparer le poisson, que ces concepts deviennent tangibles, que leur réalité devient émouvante et indéniable. En observant des gestes où résonne l’écho d’un temps lointain, nous saisissons concrètement que le peuple innu appartient à ce territoire autant que ce territoire lui appartient. La trame sonore de Jean Sauvageau, pionnier de la musique électronique, est un élément singulier de l’esthétique de nombreux films de Lamothe. Accompagnant souvent de longs plans panoramiques sur le territoire, cette musique insuffle aux images des émotions indicibles, tout en produisant d’étranges contrastes avec le ton et le sujet du film.

— Nicolas Renaud

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Comments

  • carlophile

    “Film brillant comme la pêche aux flambeaux, très riche. Rivière et flore de Natasquan d'une beauté saisissante, au coeur de l'histoire de la communauté qui en a été dépossédée. Ici, révélation choquante: gouvernement et exploitant privé de la pourvoirie coupent l'article d'une entente signée avec les Montagnais qui prévoyait qu'ils puissent acquérir la pourvoirie à la fin du bail actuel.” — carlophile, 21 May 2010

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Film Credits

director
Arthur Lamothe
text
Arthur Lamothe
producer
Jean-Marc Garand
Jacques Gagné
images
Jean-Pierre Lachapelle
Roger Moride
sound
Claude Beaugrand
Jean-Michel Rouard
editing
Nicole Lamothe
sound editing
Nicole Lamothe
sound mixer
Jean-Pierre Joutel
narration
Paule Baillargeon
Rollande Rock
Arthur Lamothe
music
Jean Sauvageau

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